vendredi 26 décembre 2008
La petite Grenade
Nul besoin de cartes touristiques ou de guides, le visiteur découvrira la ville au bout de la seule route qui y accède. Ce qui rend la cité fort mystérieuse. Avec ses maisons à flanc de coteau, elle ressemble à un village de maisons aux petites constructions blanches toutes semblables à des dessins de Disney, dont les fenêtres et le pas des portes sont peints en bleu pâle. Au sud de Tétouan, abritée parmi des collines boisées, se dresse à 600m d’altitude, Chaouen. C’est une jolie petite ville typiquement méditerranéenne avec ses murs chaulés, ses petites places pavées, ses portes et fenêtres aux couleurs bleues. Une escale s’impose dans cette ville à l’allure d’un village, où l’air est pur et frais et l’accueil des Chaounis, toujours aussi authentique. Fondée en 1471 par Ali Ibn Rachid pour défendre l’intérieur du pays contre les attaques des Portugais et des Espagnols, elle a été conçue, dès le départ, comme une place forte. La ville servit également à l’accueil des musulmans qui fuyaient l’Espagne et la vindicte des rois catholiques. C’est de là que lui vient son surnom de «Petite Grenade».
La place Outa el Hmame (Place des pigeons) et la casbah
C’est dans cette place située dans le centre de la médina que le souk hebdomadaire se déroulait, jusqu’en 1970. Aujourd’hui, les cafés constituent la principale attraction. C’est l’endroit idéal pour bronzer et se reposer tout en sirotant un thé à la menthe. La casbah est une sorte de poumon vert et ombragé de la ville. Construite en 1471 au moment de la fondation de la ville, la casbah confère à la place une atmosphère particulière. Un jardin attrayant et un petit musée se cachent derrière les tours et les murs extérieurs qui sont tout ce qui reste de cette casbah.
La source Ras-el-ma
Située à 3 km de Chaouen. La route d’accès à cette source offre, au fur et à mesure qu’elle s’élève, des vues de plus en plus rapprochées sur la ville et finit par très légèrement s’enfoncer dans la gorge à l’entrée de laquelle sont construites les dernières maisons de la ville. Après avoir gravi quelques marches, puis tourné à droite, vous arrivez à la source vauclusienne à laquelle les jardins de Chaouen doivent leur fertilité. A sa résurgence, le torrent dévale en cascade sur d’énormes rochers.
Une tradition séculaire
En traversant la Place El Makhazen, où se sont installés des vendeurs de poterie et de minéraux, on arrivera au pied de la montagne, près d’une chute d’eau. Des femmes y lavent toujours leur linge et la laine des moutons. Chaouen, il est vrai, est réputée pour ses laines, couvertures et djellabas, mais aussi pour ce tissu rayé que portent encore les femmes de la région.
Infos pratiques
Le petit musée artisanal
Sur l’avenue Hassan II, à côté de l’hôtel Parador.
Où manger ?
Restaurant Tissemlal, 22, rue Targhi
Incontournable pour ses délicieux tajines et ses salades
Restuarant Grenada, rue Targhi
On y propose du couscous et des tajines.
Où dormir ?
Hôtel Salam : 39, avenue Hassan II (sur la route de la médina) : chambres doubles pour 180 Dh. Très belle vue sur la vallée.
Hôtel Atlas « Riad», Rue Sidi Abdelhamid « Hôtel 3 étoiles » : chambres doubles à 400 Dh.
Hôtel Prador, avenue Hassan II, Place El Makhzen (Hôtel 4 étoiles) : chambres doubles à 450 Dh
Les touristes marocains connaissent tous la fameuse mosquée bleue d’Istanbul pour l’avoir visitée, vue à la télévision ou dans un magazine. Mais, combien sont-ils à connaître la ville bleue de Chaouen ? Chaouen, Chefchaouen ou encore Chechaouen, Il s’agit, en Tamazight dans le texte, de la même jolie ville pittoresque, adossée à deux montagnes en forme de pic et dont elle tire d’ailleurs le nom.
Nul besoin de cartes touristiques ou de guides, le visiteur découvrira la ville au bout de la seule route qui y accède. Ce qui rend la cité fort mystérieuse. Avec ses maisons à flanc de coteau, elle ressemble à un village de maisons aux petites constructions blanches toutes semblables à des dessins de Disney, dont les fenêtres et le pas des portes sont peints en bleu pâle. Au sud de Tétouan, abritée parmi des collines boisées, se dresse à 600m d’altitude, Chaouen. C’est une jolie petite ville typiquement méditerranéenne avec ses murs chaulés, ses petites places pavées, ses portes et fenêtres aux couleurs bleues. Une escale s’impose dans cette ville à l’allure d’un village, où l’air est pur et frais et l’accueil des Chaounis, toujours aussi authentique. Fondée en 1471 par Ali Ibn Rachid pour défendre l’intérieur du pays contre les attaques des Portugais et des Espagnols, elle a été conçue, dès le départ, comme une place forte. La ville servit également à l’accueil des musulmans qui fuyaient l’Espagne et la vindicte des rois catholiques. C’est de là que lui vient son surnom de «Petite Grenade».
La place Outa el Hmame (Place des pigeons) et la casbah
C’est dans cette place située dans le centre de la médina que le souk hebdomadaire se déroulait, jusqu’en 1970. Aujourd’hui, les cafés constituent la principale attraction. C’est l’endroit idéal pour bronzer et se reposer tout en sirotant un thé à la menthe. La casbah est une sorte de poumon vert et ombragé de la ville. Construite en 1471 au moment de la fondation de la ville, la casbah confère à la place une atmosphère particulière. Un jardin attrayant et un petit musée se cachent derrière les tours et les murs extérieurs qui sont tout ce qui reste de cette casbah.
La source Ras-el-ma
Située à 3 km de Chaouen. La route d’accès à cette source offre, au fur et à mesure qu’elle s’élève, des vues de plus en plus rapprochées sur la ville et finit par très légèrement s’enfoncer dans la gorge à l’entrée de laquelle sont construites les dernières maisons de la ville. Après avoir gravi quelques marches, puis tourné à droite, vous arrivez à la source vauclusienne à laquelle les jardins de Chaouen doivent leur fertilité. A sa résurgence, le torrent dévale en cascade sur d’énormes rochers.
Une tradition séculaire
En traversant la Place El Makhazen, où se sont installés des vendeurs de poterie et de minéraux, on arrivera au pied de la montagne, près d’une chute d’eau. Des femmes y lavent toujours leur linge et la laine des moutons. Chaouen, il est vrai, est réputée pour ses laines, couvertures et djellabas, mais aussi pour ce tissu rayé que portent encore les femmes de la région.
Infos pratiques
Le petit musée artisanal
Sur l’avenue Hassan II, à côté de l’hôtel Parador.
Où manger ?
Restaurant Tissemlal, 22, rue Targhi
Incontournable pour ses délicieux tajines et ses salades
Restuarant Grenada, rue Targhi
On y propose du couscous et des tajines.
Où dormir ?
Hôtel Salam : 39, avenue Hassan II (sur la route de la médina) : chambres doubles pour 180 Dh. Très belle vue sur la vallée.
Hôtel Atlas « Riad», Rue Sidi Abdelhamid « Hôtel 3 étoiles » : chambres doubles à 400 Dh.
Hôtel Prador, avenue Hassan II, Place El Makhzen (Hôtel 4 étoiles) : chambres doubles à 450 Dh
lundi 8 décembre 2008
Université : l'échec de la réforme

- Son autonomie pour la mettre en conformité avec les exigences de la transition démocratique et former les compétences destinées à évoluer dans une économie de marché,
-
-La création d’académies universitaires régionales qui constitueront l’interface entre les pouvoirs publics et les universités à l’échelon régional. Il s’agira d’une structure administrative déconcentrée émanant du ministère, mais sans pouvoir de tutelle, et enfin
-La révision des programmes qui sera engagée dans chaque université. Il s’agira d’abord d’adapter les enseignements à l’évolution scientifique et technique, aux nécessités de l’économie de marché et aux besoins des entreprises, l’établissement de l’enseignement des langues étrangères sans exclusive, mais avec une priorité pour les langues ayant des liens historiques, politiques et économique avec le Maroc (Tamazight, arabe, et le Français).
mercredi 16 mai 2007
Les beaux jours de la Prostitution

La Prostitution est, avant tout, fille de la cohabitation d’un très grand nombre de femmes en proie à la misère et d’un certain nombre d’hommes riches et amateurs de plaisirs tarifés. Ces deux catégories existent au Maroc. Si on veut comprendre la genèse et l’extension de la prostitution, il faut découvrir les principales raisons de ces deux phénomènes.
En premier lieu, la croissance démographique excessive : en 50 ans, la population a plus que triplé pendant que la production par tête a moins progressé et même reculé dans certains domaines. Alors qu’une vigoureuse politique de limitation des naissances était indispensable, on a laissé les citoyens continuer à croire qu’à chaque enfant venu au monde Dieu crée sa part de nourriture. Les Chinois bénéficient de 15 jours de congé annuel, les Européens de 30 jours, les Marocains de 60 jours, soit un mois de congé officiel et un mois de ramadan pendant lequel la production, déjà faible pendant les dix autres mois, tombe presque à Zéro. On s’étonnera alors de manquer de logements, de routes, de nourriture.
Croyant répondre aux aspirations profondes du peuple, les gouvernants ont arabisé l’enseignement. Pas celui des enfants des « bonnes familles » (on les scolarise en Europe) mais celui des indigènes. Résultat, les immenses déchets scolaires, y compris à la sortie des universités, c’est à dire une armée terroriste de réserve pour paraphraser Marx. Les Marocains se retrouvent devant une double impasse : d’une part, formés en arabe jusqu’au bac, ils ont du mal à poursuivre des études supérieures scientifiques qui, elles sont en français ; d’autre part, avec un diplôme arabe, ils demandent des emplois à des entreprises industrielles, commerciales ou à des institutions financières qui toutes travaillent en français. Alors, elles refusent de les recruter. Même ceux qui trouvent du travail fournissent des prestations médiocres car l’arabisation ne les a pas formés à la précision et à l’efficacité. Un grand nombre de diplômés vont grossir en Europe la masse des sans papiers. Tel ingénieur du bâtiment formé au Maroc finira comme garçon de gargote à Belleville. Tel licencié en sciences économiques se fera gardien de voitures ou marchand de cigarettes à l’unité à Casablanca.
Il reste les effets désastreux du système politique : 50 ans de corruption qui a déresponsabilisé les citoyens et enrichi une minorité de décideurs. Une agriculture détruite par la démagogie des nouveaux technocrates au profit d’un tourisme sexuel qui n’a pas encore fini de dévoiler tous ses secrets.
Et la prostitution, que vient-elle faire dans tout ça ? Les chômeurs et la masse des travailleurs salariés ne fréquentent ni les boîtes de nuit ni les hôtels de passe. Ils ne peuvent pas boire de la Heineken à 60 dirhams la bouteille et encore moins du whisky à 150 dirhams le verre ou s’offrir une prostituée à 600 dirhams la nuit. Les clients des prostituées sont assez riches pour se marier ou louer ou acheter un logement. Ce n’est pas une question de morale, c’est la conséquence d’un système qui institue l’enrichissement par la spéculation et la corruption avec la participation active d’individus qui en profitent sans retenue. Aux gens du peuple qui n’ont pas assez d’argent pour se loger et se marier, il ne reste que l’homosexualité, la zoophilie, l’onanisme ou l’exil.
Voilà un bilan bien triste, dira-t-on. Je ne noircis pas le tableau, mais il y a un autre phénomène qui vient se greffé à cette « jingle sexuel » déjà bien danse : la prostitution masculine. C’est un phénomène urbain qui prend de plus en plus d’envergure dans les grandes villes du Royaume (Casablanca, Marrakech, Rabat…). Aujourd’hui, des jeunes adolescents, moins jeunes, homosexuels convaincus ou candidats hétérosexuels aguerris n’hésitent plus à emprunter les artères de nos villes au vu et au su de tout le monde. Ils se permettent même, parfois, d’être agressifs dans leurs sollicitations et en criant haut et fort qu’ils font ça pour gagner leur pain.
La solution ? Sortir du sous développement. Le gouvernement marocain ne consentira jamais à la limitation des naissances ni à ses deux mois de congé par an. Il n’est pas prêt non plus à renoncer à l’arabisation. Je ne vois pas non plus quel gouvernement réprimera sans pitié la corruption. Seul un développement basé sur des activités de production et des comportements citoyens permettra de réduire tous les maux sociaux. Alors, le plus vieux métier du monde deviendra un phénomène marginal.
Je me suis donc concentré sur un seul aspect de ce mouvement amazigh qui est celui des éxactions et des entraves que rencontrent les militants de l'Amazighité dans leur travail pour faire revivre leur langue et culture menacées de disparition.
Bréf Historique des Amazighs:
Les Amazighs sont le peuple autochtone de l'Afrique du Nord, disposant d'une langue, d'une culture, et d'une histoire propres. "Amazigh" est le nom que se donnent les Berbères et qui signifie "Homme libre". Le mot berbère vient du Latin "Barbarus", utilisé par les Romains pour désigner les populations qui ne parlaient pas leur langue. Les Arabes l'ont repris et transformé en "barnar" avant que les Français ne le traduisent en "Bebrbère". Les amazighs constituent un des peuples les plus anciens de l'humanité. Leur présence en Tamazgha (Afrique du Nord) remonte à plus de 12000 ans. Au cours des siècles, ils ont affronté d'innombrables invasions: Phéniciens, Romains, Vandals, Byzantins, arabes, Espagnoles, Ottomans, Français qui se sont succédés sur le sol de Tamazgha depuis le 10ème siècle avant J.C.
Les origines de Taâchurt (l'Achoura) dans Tamazgha

Selon le plus grand sociologue et fondateur del’Histoire, le nord-africain Ibn Khaldoune, lesImazighen d’Afrique du Nord avaient apostasié douzefois entre le 6ième siècle et le 14ième siècle !C’était une forme de résistance contre la colonisationarabo-islamiste de l’Afrique du Nord.On sait aussi que l’un des tout premier mouvementsouverainiste Nord Africain était celui des Kharéjites(càd Hors la Loi) qui avait fondé au 8ième siècle unroyaume ayant pour capitale Tahert , et qui avaienttraduit le coran en berbère. Les Kharédjites avaientcoupé les ponts avec le Khalifat Oméïade et fondèrentle premier état algérien véritablement national. LesIbadites dont les descendants aujourd’hui sont lesMozabites (Algérie), les Djerbiens (Tunisie) et lesNefoussiens (Libye) formaient la branche la pluspuissante du Kharédjisme. La ville de Tihert, fondépar le chef Ibadite Ibn Rostum, en 791 était située àneuf kilomètres de l’actuelle Tiaret. Au Maroc, les Miknasa (branche des Kharédjites)avaient fondé, en 757, le royaume de Sidjilmassa , àl’orée du désert, maître des oasis et des routescaravanières vers le Soudan (actuel Mali). LesBerghawata, qui avaient participé aux expéditionsguerrieres de leur chef Maïsara contre les gouverneursoméïades de Tanger, eurent pour chef militaire etguise un certain Salih.Après le kharédjites, les Kétama de Bougie prennent lerelais dans cette résistance de Tamazgha au roulotcompresseur des arabo-islamistes (perçus comme devéritables colonisateurs). Pour ce faire, lesImazighen Kétama vont sympatiser avec les Perseschiites, et vont conquérir toute l’Afrique du Nord etl’Égypte, et créer pour un descendant d’Ali l’empirefatimide. En effet, pour les shiites, aucun dessuccesseurs de Mohammed ne fut un Khalife légitime,seuls Ali et ses descendants, fils de Fatima, sont leschefs héréditaires de la communauté islamique.C’est la tyrannie des Khalifes Oméïades et Abbassides,se comportant en colonisateurs à l’égard desnon-arabes, qui va rapprocher les Perses et lesImazighen. Les shiites Perses dépêchent à Tamazgha unexcellent stratège du nom Abou Abd Allah en 893. Cethomme réussit à convaincre les Kétama de lasupériorité de la doctrine chiite, et à faire duvillage Ikjan (dans les Babors) une forteresseinexpugnable du chiisme. Les Kétama, subjugués, sontgroupés en une solide armée qui lui est dévouée corpset âme. C’est ainsi qu’ils fondèrent la dynastiefatimide (3ième Khalifat panislamique après celui desOmeyyades et des Abbassides) qui s’étendait jusqu’enÉgypte. L’université d’El Azhar au Caire est une deleurs créations. Par la suite, deux autres empires Amazighs vont sesuccèder dans Tamazgha du 10ième au 14ième siècle :Les Almoravides et les Almohades. Les Almohades vontréaliser l’apogée à la fois de l’histoire et de lapensée de ce temps et faire de Cordoue la capitale dumonde.On sait maintenant que ce sont les Kabyles (lesKetama) qui furent à l’origine de la création du 3ièmeKhalifat musulman : le Khalifat Fatimide. En effet,les Imazighen d’Afrique du Nord se sont alliés versl’an 900 aux shiites Perses pour mettre fin à cettetyrannie arabe des Khalifes abbasside de Baghdad etOmeiyade de Damas. Ibn Khaldoun écrit "...Quand lesFatimides furent parvenus à établir leur domination enIfrikia, Ziri (fils de Menad, gouverneur de Tamazghasous l’autorité Abbasside) passa de leur cöté à causedes liens de clientèle qui attachaient sa famille àcelle d’Ali Ibn Abi Taleb, et, dès lors, il se montraun de leurs partisans les plus dévoués...". Ziridevint chef des Sanhadja et bâtit la ville d’Achir surle flanc de la montagne du Titeri. Il reçut lecommandement de la ville d’Achir et de la province deTahert. Ibn Khaldoun écrit :"...Quelques temps après,Ziri autorisa son fils Bologguin à fonder troisvilles, l’une sur le bord de la mer et appeléeDjazaïr-Beni-Mezghanna (les îles des enfants deMezghanna), et l’autre sur la rive orientale du Chélifet appelée Miliana ; la troisième porta le nom deLemdia (Médéa). Bologguin fut investi par son père dugouvernement de ces trois places, qui sont encoreaujourd’hui (à l’époque de Khaldun) les villes lesplus importantes de Tamazgha centrale. Ziri perdit lavie en juillet 971 dans un combat qui opposait lesFatimides aux Maghraoua (des partisans des Oméïadesd’Espagne). Son fils Bologguin lui succèda et réussità assoir son autorité sur toute Tamazgha et à fairedisparaître la domination des Oméïades.Après avoir établi leur autorité sur toute l’Afriquedu Nord, les Ketama s’emparent de la Sicile etconquirent l’Égypte pour établir leur capitale auCaire en 973. Ils laissent le gouvernement de Tamazgha(Afrique du Nord) à leur lieutenant Bologguin, fils deZiri, fils de Menad. Bologguin mourut en mai 984 , àOuarekcen, localité située entre Sidjilmessa etTlemcen, pendant qu’il rentrait d’une longueexpédition.En 1045, les Zirides rejetèrent l’autorité du KhalifatFatimide et proclamèrent la souveraineté de Tamazghaavec un retour à l’orthodoxie sunnite. Gabriel Campsécrit "...Pour punir cette sécession, le Khalifefatimide "donna" Tamazgha aux tribus arabes, tropturbulentes, qui avaient été cantonnées dans le Saïs,à l’est du Nil, en Haute Egypte. Ces tribus, Djochem,Atbej, Zoghba, Riyah, Rebia et Adi, se rattachaient àun ancètre commun, Hilal, d’où le nom de l’invasionhilalienne ; les Beni Hilal, bientôt suivis des BeniSolaïm et des Beni Mâqil, pénètrent en Tamazgha vers1051...". Ibn Khaldoun avait dépeint ces Arabesbédouins comme une armée de sauterelles détruisanttout sur son passage. En tout leur arrivée devaittransformer radicalement le visage de Tamazgha etl’arabiser en grande partie. C’est de cette époque du Khalifat Fatimide que nousvient la célébration, jusqu’à maintenant, de l’Achoura(taâchurt)d’un bout à l’autre de Tamazgha. Dans lespays shiites, le 10 Moharram commémore l’anniversairede la bataille de Kerbala en l’an 60 de l’Hégire (680de notre ère) au cours de laquelle tomba Sidnal-Hocein fils de Sidna Ali Abu Thaleb et petit-fils duProphète. La veille est marquée par le jeûne desascètes shiites et le jour de l’achoura est un jour dedeuil pour la shiaâ. Ce dernier élement est de trèsloin celui qui contribue le le plus à donner à cettefête, dans les populations rurales de Tamazgha, uncaractère de gravité, inchangé depuis les Fatimides.
Introduction de Tamazight au BEM

Satisfaction...
Certes, beaucoup reste à faire dans ces domaines, mais il ne faudrait pas oublier cette “avancée remarquable” qui n’est pas le fait du simple hasard, mais du combat sans relâche de plusieurs générations, de feu Mouloud Mammeri en passant par tous les autres acteurs jusqu’aux martyrs du Printemps noir.
“Personne ne l’aurait cru. Je n’en reviens pas !”, nous déclare à chaud, avant-hier, un enseignant de tamazight accosté devant un centre d’examen à Tizi Ouzou. Effectivement, nous avons ressenti aussi bien chez les candidats que chez les enseignants de cette langue une grande émotion.
Pour cette quatrième année de la réforme du système éducatif, ils étaient 12 800 candidats à l’échelle nationale à avoir composé dans cette langue.
Interrogé, un directeur de CEM dans la région de Draâ El Mizan où la langue de Massinissa a été introduite dans les établissements scolaires au lendemain des accords du 22 avril 1995, nous a appris contrairement à ceux qui disent qu’elle était facultative, qu’elle était obligatoire pour tous ceux qui l’ont étudiée dès la 1re AM.
De leur côté, les chefs de centres étaient satisfaits des efforts faits par la tutelle en regroupant dans des salles tous les candidats inscrits pour cette épreuve. Dans une virée au CEM Boubeghla à Tizi Ghennif, le chef de centre nous a informé qu’au niveau du centre, il y avait au total cinq salles désignées pour les candidats amazighofones, ceci est pour le côté organisationnel.
Un autre chef de centre remarque que si cette épreuve est prévue pour l’après-midi de ce mardi, ce n’était pas pour la négliger, mais c’était beaucoup plus pour faciliter l’organisation. Après la sonnerie de quatre heures trente, nous nous sommes rapprochés des candidats.
“C’est facile”, nous dira Lydia avant de laisser une autre fille exprimer ses sentiments : “Depuis ma première année au collège, je ne rêvais que de composer dans ma langue. Maintenant, mon souhait est de la poursuivre au lycée afin de la passer au Bac. J’ai déjà fixé mon avenir : enseignante en tamazight. Il faudrait se dévouer pour l’encourager”, nous dira à ce sujet Lila. Le sujet était à la portée des élèves. Nous avons remarqué que le sujet était imprimé dans trois transcriptions : arabe, latin et tifinagh. Un organisateur de cet examen nous a fait savoir que le choix des caractères était laissé à l’appréciation des professeurs.
D’ailleurs, les quatre manuels de la 1re AM jusqu’à la 4e AM sont conçus de la sorte. Sur ce point précis, un pionnier de cet enseignement était loin d’être convaincu de cette manière d’agir : “Il faudrait choisir l’utilisation d’un seul caractère. Je pense que le meilleur est celui qui convient au contexte actuel. Il ne faudrait pas aussi confiner la langue amazigh seulement dans son environnement géographique. Si on veut que cette langue réussisse, il lui faudrait des bases solides. Pour le moment, les caractères latins sont les plus adéquats car toutes les autres études sont faites dans ces caractères. C’est le moment de casser cet autre tabou”, lance-t-il avant de se demander : “On parle toujours du centre pédagogique pour l’aménagement linguistique de cette langue. Quand verra-t-il le jour ?”.
Certes, beaucoup reste à faire dans ces domaines, mais il ne faudrait pas oublier cette “avancée remarquable” qui n’est pas le fait du simple hasard, mais du combat sans relâche de plusieurs générations, de feu Mouloud Mammeri en passant par tous les autres acteurs jusqu’aux martyrs du Printemps noir. Avant de quitter le deuxième collège où nous nous sommes rendus, un professeur intervient pour conclure : “Tamazight est officiellement une épreuve dans l’examen du BEM. Elle attend toujours sa généralisation à l’échelle nationale. Aujourd’hui, le nombre de candidats ne représente même pas 1% du total. Alors que tous les moyens existent, il suffit seulement d’une volonté politique”. Espérons que l’année prochaine, le nombre de candidats doublera et, pourquoi pas, triplera.
Les autorités répriment des étudiants Amazighs

L’Université Ibn Zohr à Agadir (sud du Maroc) a été le théâtre d’agressions violentes contre les militants du Mouvement culturel amazigh (MCA), par de soi-disant étudiants sahraouis.
Suite à ces agressions répétitives qui « sévissent dans les universités marocaines et qui visent les étudiants amazighs militants et sympathisants du Mouvement culturel amazigh », un groupe de militants, à travers une déclaration, lance l’initiative de la création d’un Comité de soutien pour les détenus du Mouvement culturel amazigh , ainsi que de solidarité avec toutes les victimes de ces « agressions criminelles » et avec les détenus poursuivis pour des « chefs d’accusations arbitraires » qui visent à faire taire toutes les voix libres, à subjuguer les militants amazighs et réprimer les luttes légitimes de l’étudiant marocain. Lit-on dans la déclaration. Ces étudiants « ont subi toutes les formes de violence, poursuites judiciaires ,condamnations arbitraires et emprisonnements »., ajoute la déclaration. D’autre part, le comité de soutien lance un appel à « tous les militants et à toutes les militantes amazighs(es) » pour réagir en faveur de cette cause, à savoir « la libération des militants détenus auprès des autorités marocaines », soit par une adhésion à ce comité en soutenant financièrement ou moralement ses démarches dans les jours à venir. Les animateurs du comité soulignent que « la première assemblée de la création de ce comité tenu le dimanche 20 mai 2007 à 15:00 au local de l’association Azemz Bumal n Dades, Warzazat (Maroc) ». par ailleurs, ils expliquent qu’après avoir passé en revue les détails du projet et avoir discuté des démarches à prendre, l’assemblée a élu les membres volontaires présents et a chargé d’autres membres qui ont confirmé leur adhésion par email ou par téléphone, comme des représentants pour le comité dans leur région de leur résidence . Le comité n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour fustiger le pouvoir marocain, à cet effet il déclare que « le système makhzenien est intervenu pour rafler et arrêter massivement des militants et sympathisants du Mouvement culturel amazigh. Le makhzen corrobore, encore une fois, son alliance objective et absolue avec des bandes criminelles sur la base de communautarisme arabiste », estime le comité, qui ajoute que « ceci intervient après que le makhzen ait dompté et intégré quelques éléments supposés amazighs dans ses cages institutionnelles », allusion faite à l’Institut royal de langue et culture berbère.
Cette répression systématique s’inscrit, selon le comité, « dans la lignée d’un plan hideux préétabli qui vise à brimer et contenir l’élan militant, actif et autonome du Mouvement culturel amazigh par l’agression de ses militants. Agressions successives qui ont commencé à l’Université de Kenitra et Taza ». tout en réitérant leur détermination à engager toutes les formes de lutte pour libérer immédiatement et inconditionnellement tous les militants du Mouvement culturel amazigh d’Agadir, et pour que cessent la violation des domiciles, les menaces et le kidnapping de leurs militants. Le comité est résolu à lutter pour faire valoir les droits et intérêts de l’étudiant marocain, pour le respect de l’enceinte universitaire, et pour une société libre et démocratique, lutter pour défendre les sites universitaires du MCA et prémunir l’Université de la pensée exclusiviste et totalitariste. Enfin le comité se révolte et dénonce, l’intervention systématique et barbare des forces makhzeniennes contre les militants du Mouvement culturel amazigh d’Agadir ; les agressions délibérées que subissent les militants du Mouvement culturel amazigh par des pseudo-étudiants sahraouis.
Il dénonce aussi, les détentions arbitraires, les kidnappings et les violations des domiciles des militants du Mouvement culturel amazigh et de tous les étudiants, ainsi que les agressions sauvages à l’égard de leurs militants à Taza par des forces occultes arabistes sous couvert de Programme Conjoncturel (point de vue 1996), et le silence total des médias sur cette agression makhzenienne sauvage. Avec cet énième injustice à l’égard des mouvements berbèristes, les militants des droits de l’homme, de la démocratie nord-africain sont plus que jamais interpellés pour conjuguer leurs efforts afin de rendre à cette langue et culture la place qui est la leur.
La tombe de la Kahina arabisée!

Kahena (ou Kahina), de son vrai nom Dihya est, , avec Koceila, la principale figure de la résistance berbère à l’avancée des troupes musulmanes entre 695 à 705. À l’aube de l’arrivée des arabes en Afrique du Nord, l’unité politique et administrative de la Berbérie Orientale et Centrale était en grande partie réalisée par Koceila mais celui-ci décède en 688 et Dihya devient la seule chef berbère restante pour organiser la lutte.
Visiter la tombe de la Kahina a toujours été notre rêve. Nous nous sommes renseigné auprès des militants de la cause amazighe pour connaître le lieu où est enterré notre reine. Leurs réponses étaient trop vagues. Elle est enterrée en territoire chaoui. Mais où exactement ? Le territoire chaoui est large ? A Oum El Bouagahi, Batna, Khenchla, Guelma… ? Où exactement ? Cette fameuse question taraudait notre esprit ! Un hasard a voulu que l’on rencontre, à Bgayet, un militant de la cause Amazighe originaire de Batna. Nous avons, bien sûr, commencé notre discussion par le combat identitaire. Notre joie était au top au moment de connaitre enfin l’adresse exacte de la tombe de notre reine. Kahina est enterrée à Baghai, département de Khenchla. Depuis ce jour, notre souhait était de visiter Baghai.
Le jour est finalement venu pour exaucer notre grand souhait. Une fois à Baghai, nous avons été surpris et déçu de découvrir que « Ksar El Kahina » était abandonné par les autorités. Nous n’avons pas pu y accéder et nous n’avons trouvé personne pour nous orienter… Notre plus grande déception etait l’absence totale d’écriture Amazighe. Pis encore… d’aucun symbole berbère. En Algérie, le pouvoir arabo-islamiste s’efforce d’arabiser même les tombes !
Nous lançons un appel, à tous les imazighen, et surtout aux associations qui militent pour la réhabilitation du patrimoine Amazigh à organiser des excursions à Baghai et rendre la tombe de la Kahina un véritable lieu de pèlerinage pour tous les berbères du monde.